George Cosbuc – L’été

Sans but je regardais au firmament
Dans sa sauvage splendeur
Le mont Ceahlàu, à l’Occident,
Loin dans le bleu du ciel baignant
Son front géant, dans la solaire ardeur,
la garde du pays montant
Pareil à un mystère errant
Un nuage du sommet voisin
Flottait dans le gouffre serein
N’ayant plus d’ailes pour s’envoler!
Et l’air entier était tout plein
De chants d’oiseaux tout gazouillants;

Alors, ivre de charme, les yeux
Je tournais vers la terre, les champs,
Et les épis dansaient au vent
Comme, dans la ronde aux joyeux chants,
Les jeunes filles blondes en cheveux
Lorsque tressaute leur long vêtement.
Garçons et filles dans les blés mûrs
Une doïna en choeur chantaient,

La vie dans leurs yeux brillait,
Le vent jouait dans leurs cheveux,
Des agneaux blancs à la source couraient,
De gris étourneaux en bandes s’envolaient.

Combien tu es belle et parée
O nature, comme une vierge sereine
Au pas chéri, au visage adoré!
Je voudrais de bonheur pleurer,
Sentir ton souffle divin,
Voir ce que tu as créé!
Mon coeur est de larmes trop plein,
Car tous les miens ont, tour à tour, été
Enterrés là et j’y serai de mon côté!
C’est une mer – mais une mer sereine –
Nature, que ma tombe et ton sein,
Tout y est chaud et tout y est lumière.

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