Mihai Eminescu – L’astre du soir

fragment

L’Astre partit. Ses ailes
Au ciel resplendissaient
Des voies de milliers d’années
En quelques instants passaient.

Un ciel d’étoiles en dessous,
Au dessus un ciel d’étoiles –
Il ressemblait à un éclair
Errant parmi les astres.

Et des vallées de ce chaos,
Aux alentours de soi,
Il voyait comme au premier jour,
Jaillissant des lumières;

Et jaillissant elles l’entouraient
Comme des flots, à la nage…
Il vole, pensée mue de désir,
Jusqu’à ce que tout s’efface;

Car où il va, il n’est frontière
Ni regard pouvant connaître,
Et le temps en vain s’efforce
Du vide enfin à naître.

Du Chaos, je suis né mon Dieu,
J’aimerai retourner au chaos…
Si du repos je suis sorti,
Je rêve de repos.

Il n’y a rien, pourtant il y a
Une soif qui l’absorbe,
Une profondeur pareille il y a
A l’aveugle oubli.

Et pas à pas derrière elle,
Il se glisse dans la chambre,
Tissant de ses froides étincelles
Une résille de flammes « 
……………..
Et du miroir comme une lumière
Sur son corps il s’étale (déverse)
Sur ses grands yeux, sous les paupières,
Sur son visage tourné.

Elle regardait et souriait,
Il tremblait dans la glace,
Car dans son rêve il la suivait
Pour que son coeur s’attache.

Il écoutait le coeur tremblant,
Plus fort, il s’enflammait
Comme un éclair, il se jetait,
Dans la mer replongeant;

Et l’eau là où il tombe
En cercles tourne, tourne
Et des abîmes insondables
Un beau jeune homme s’élance.

Il passe doucement sur le seuil
Au bord de la fenêtre
Il a dans la main une canne
Couronnée de roseaux.

Il semblait un jeune voïvode
Aux cheveux doux d’or pur,
Un bleu linceul était noué
Sur ses épaules nues.

Là dans des palais de corail
Tu régneras, des siècles,
Et tout le monde dans l’océan
Respectera tes ordres.

Comme de ses cieux il l’entendit
Il mourut de douleur,
Et le ciel tourne et tourne en vrille
En ce lieu où il meurt;
…………………
– Du monde haut j’arrive péniblement
Pour t’écouter encore,
Car c’est le soleil qui est mon père
Et la nuit est ma mère;

Dans l’air des flammes toutes dorées
Couvrent le monde entier
Et des vallées du chaos
Un beau visage prend forme;

Sur les mèches noires de ses cheveux
La couronne brûler semble,
Il arrivait flottant en vérité
Baignant dans les feux du soleil.

Oh, viens, à tes cheveux tout blonds
J’accrocherai des étoiles,
Sur mes cieux tu paraîtras
Plus belle entre toutes choses.

Car ce n’est rien, pourtant il est
Une soif qui l’absorbe,
Et un abîme similaire
A l’aveugle oubli.

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